Soleil noir


"Je m'ouvrais comme un livre, et elle ne sautait pas une page."

Aux États-Unis, un journaliste, dont le couple bat sérieusement de l'aile, voit le cours de sa vie bouleversé lorsque sa femme, à l'occasion de leur séjour de la dernière chance à Las Vegas, disparaît. L'homme s'ingéniera tant bien que mal à démêler tous les fils de cette disparition, au risque de côtoyer une certaine vision de l'enfer.

Si l'ambiance est moins présente que dans Blue Jay Way, conclusion de la trilogie oblige — le soleil blanc de la Californie a laissé place aux lunes noires de la folie humaine —, Jenny y gagne en efficacité ce qu'il perd — un peu — en atmosphère pure. Une efficacité particulièrement redoutable puisque le roman se dévore d'une traite. Six heures et demie d'une lecture prenante et surtout profonde. Car la noirceur que donne à voir Jenny — Colin n'oublie jamais d'être visuel dans son approche de l'écriture — n'est que le reflet étouffant de ce que nous pouvons être de pire. Et, paradoxalement, de plus limpide aussi. Au bout du compte.

S'il ne me fallait suivre qu'un seul auteur de polar haletant et vertigineux, ce serait celui-là.

Jenny, Fabrice Colin, Sonatine éditions, novembre 2016.

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